C’est un sujet délicat que nous souhaitions mettre en lumière dès le début de la création de notre balado. Voici notre résumé de l’épisode sur un sombre côté de l’histoire canadienne : les études nutritionnelles dans les pensionnats autochtones.

Résumé

Dans cet épisode percutant, les animateurs et nutritionnistes Bernard Lavallée et Catherine Lefebvre, explorent le sujet des études nutritionnelles menées sur les enfants des pensionnats autochtones entre 1942 et 1952. Les invités, Laurence Hamel-Charest, doctorante en anthropologie à l’Université de Montréal, et Sipi Flamand, vice-chef du conseil de bande des Atikamekw de Manawan, alimentent la discussion.

L’épisode débute en présentant le contexte dans lequel les études nutritionnelles ont eu lieu ; plus de 150 000 enfants autochtones ont été assimilés de force dans 130 pensionnats, un système conçu pour éradiquer leur culture. La malnutrition sévissait, exacerbée par une faible aide gouvernementale et la chute du commerce des fourrures, privant les communautés de revenus et de ressources alimentaires.

Les premières études nutritionnelles ont pris place dans cinq communautés cries au Manitoba, afin de comprendre si la famine pouvait être résorbée par des suppléments. Les objectifs étaient notamment de « régler le problème indien » et de protéger la population allochtone. En 1947, une nouvelle étude à la Baie James met en lumière les effets de la dépendance aux aliments achetés en magasin, ce qui entraîne une réglementation restrictive des allocations familiales. En 1948, d’autres études tentent d’améliorer l’état nutritionnel des élèves dans les pensionnats, sans succès.

Laurence Hamel-Charest analyse ces études comme des outils de colonisation, engendrant des traumatismes intergénérationnels dans les communautés, à l’origine d’une méfiance envers le système de santé. Elle dénonce le colonialisme alimentaire contemporain, plaidant pour une définition plus dynamique de l’alimentation traditionnelle afin de ne pas mettre en échec les familles ayant un accès limité au territoire.

Pour sa part, Sipi Flamand insiste sur la nécessité de reconnaître les droits ancestraux pour décoloniser l’alimentation. Il souligne les défis actuels, tels que la faible disponibilité d’aliments frais dans les réserves. Il partage également des initiatives positives concernant l’autonomie alimentaire, dont la mobilisation des chasseurs pendant le confinement.

La conclusion met de l’avant la distinction entre les responsabilités individuelles et collectives, avec un certain optimisme grâce aux leaders communautaires ouverts au dialogue.

Invités: Sipi Flamand, Laurence Hamel-Charest

Animateurs: Bernard Lavallée, Catherine Lefebvre


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