Mes 5 prédictions de tendances alimentaires 2017

C’est maintenant devenu une tradition annuelle sur ce blogue. Chaque année, j’essaie de prédire, de façon informée, quelles seront les tendances qui marqueront notre univers alimentaire. Comme toujours, je vous invite à prendre le tout avec un petit grain de sel plutôt que comme une vérité absolue, même si ma voyante Irma m’a confirmé que ces cinq tendances allaient vraisemblablement influencer notre année.

N’oubliez pas non plus que les vraies grosses tendances en alimentation s’installent généralement pour plus d’une année. Il y a toujours un petit mouvement de départ qui finit par la faire exploser de façon plus prononcée. D’ailleurs, je vous invite également à revisiter mes prédictions de 2016 et de 2015 qui sont, pour la plupart, encore d’actualité.

Zéro Déchet

Quand j’ai écrit mon livre Sauver la planète une bouchée à la fois, j’y ai rédigé une petite section de trucs pour réduire la quantité de déchets que nous produisons. Pourtant, à l’époque, je n’avais pas encore entendu parler de Béa Johnson et de son livre Zéro Déchet qui a littéralement lancé la vague. En 2017, le Zéro Déchet va prendre de l’importance dans toutes les sphères de nos vies, mais probablement beaucoup dans la cuisine. Pensez compost, épiceries en vrac, sacs et contenants réutilisables, combats contre le gaspillage alimentaire. Les initiatives visant à réduire la quantité de déchets que nous produisons se multiplient et continueront d’influencer notre alimentation cette année.

Comme le dit si bien Mélissa de La Fontaine — que je considère comme la queen du Zéro Déchet au Québec — le but n’est pas de devenir « Zéro Déchet » du jour au lendemain, mais bien de tendre vers le Zéro Déchet. Une bouchée à la fois, qu’il disait ? 😉

FODMAP

Si vous n’avez pas encore entendu parler de l’alimentation faible en FODMAP, préparez-vous, car 2017 risque fort bien d’être l’année où ce régime thérapeutique franchira la porte de la célébrité. De type « nouveau sans gluten ». Vous voyez le genre !

En fait, à la base, il s’agit d’une diète élaborée à l’Université Monash en Australie. Le but de cette approche est de diminuer les symptômes gastro-intestinaux liés au côlon irritable.

L’acronyme vient de :

Fermentescibles
Oligosaccharides
Disaccharides
Monosaccharides
Et (And)
Polyols

En gros, on retire les aliments qui contiennent ces molécules/substances/nutriments, puis on les réintroduit au fur et à mesure afin de déterminer lesquels provoquent des symptômes associés au côlon irritable comme les ballonnements, la diarrhée, les douleurs abdominales, la constipation, etc.  Le but est donc d’éliminer le moins d’aliments possible, tout en éliminant les symptômes désagréables. Il s’agit d’une méthode super efficace, étudiée par la science et appliquée avec l’aide de professionnels de la santé. Si vous voulez en savoir plus à ce sujet, vous pouvez consulter cet article sur l’approche FODMAP du site Extenso.

Donc, très intéressant pour les nombreuses personnes souffrant du côlon irritable. Oui, sauf que comme pour la mode du « sans gluten » qui provient, à la base, d’un traitement médical, j’ai le pressentiment que l’alimentation faible en FODMAP deviendra mainstream en 2017. L’industrie se mettra à développer des produits alimentaires faibles en FODMAP, des vedettes adopteront l’approche pour perdre du poids et en feront la promotion et des livres seront rédigés en lui accordant des tas de bénéfices non prouvés.

Brace yourself. FODMAP is coming.

Agriculture urbaine commerciale

Bon, ce n’est pas comme si l’agriculture urbaine c’était nouveau de cette année. Après tout, ce mouvement a inspiré le nom de ce blogue il y a 3 ans déjà. Par contre, nous sommes entrés dans une phase où l’agriculture urbaine a pris beaucoup d’expansion et pas seulement par de petits projets individuels.

Pratiquer l’agriculture urbaine, c’est devenu une activité commerciale pour beaucoup de gens et les produits dérivés de cette production en ville pullulent. Alvéole et miel Montréal installent des ruchers partout en ville. POC propose un service de vente de poules pondeuses en ville. Blanc de gris produit des champignons frais à partir de déchets. Terre Promise cultive des variétés ancestrales de fruits et de légumes sur l’île de Montréal. ÉAU vise à produire à grande échelle des végétaux et des poissons par un système d’aquaponie urbaine.

Ce ne sont que quelques exemples de ce qui se passe ici, mais c’est véritablement une révolution mondiale qui aura un impact non seulement sur 2017, mais sur les années à venir. Pratiquer l’agriculture est en train de redevenir cool.

Alimentation intuitive/Alimentation consciente (mindful eating)

Il y a deux mouvements très similaires qui sont en train de prendre leur envol et ce sont ceux de l’alimentation intuitive et de l’alimentation consciente. Ces approches visent à reconnecter les gens avec leur corps et à les débarrasser de la pensée nocive que les diètes amaigrissantes et la restriction fonctionnent à long terme.

Les principes tiennent du bon sens, mais il y a de plus en plus de littérature scientifique qui les appuie. Par exemple, on recommande de manger quand on a faim et d’arrêter quand on est rassasié. Ça peut sembler simple, mais en réalité, beaucoup de gens ne le font pas.

Il faut aussi apprendre qu’aucun aliment n’est interdit. De toute façon, plus on s’interdit d’aliments, plus on risque simplement de perdre le contrôle et d’en manger de grandes quantités, tout en développant une relation malsaine avec ceux-ci.

Je ne peux qu’applaudir un mouvement qui mise sur le plaisir de manger les aliments qu’on aime. C’est totalement en accord avec mes valeurs. Il restera maintenant à voir s’il s’agit d’une simple mode passagère ou si cette façon de penser influencera en profondeur la façon dont les nutritionnistes travailleront dans le futur. Je penche pour la seconde option.

Je vous parlais de la queen du zéro déchet, plus tôt, mais à mon avis, la queen de l’alimentation intuitive, au Québec, c’est la nutritionniste Karine Gravel. Je vous invite à aller visiter son site si vous désirez en apprendre davantage sur le sujet.

Méfiance de la science

C’est ici que la boule de cristal se remplit d’un nuage de fumée grise. Une des tendances qui me fait un peu frissonner et à laquelle j’ai beaucoup réfléchi dans les derniers temps est cette méfiance de la science qui semble être en train de s’installer dans la population. Je ne me lancerai pas dans les grands débats, mais vous devez vous douter que j’ai un préjugé favorable envers la science. Même si elle n’a pas réponse à toutes les questions, j’ai l’impression qu’il s’agit du meilleur outil à notre disposition pour arriver à y répondre.

Pourtant, des mouvements qui vont totalement à l’encontre de la science ont du vent dans les voiles. Qu’on pense à ceux qui nient les changements climatiques, aux anti-vaccins, à ceux qui préfèrent l’homéopathie aux médicaments…

Dans un sens, ces mouvements en alimentation ont toujours existé. Les jus détox/jus verts sont un bon exemple de pseudoscience où on prête des vertus magiques à des aliments. J’avais la naïveté de croire qu’il suffisait d’expliquer en quoi ces allégations ne sont pas scientifiques pour convaincre de leur inutilité. Mais on dirait que le vent a tourné. Comme si la science, parce qu’elle n’était pas parfaite, n’était plus suffisante. Je sens une méfiance qui s’installe envers la science et les scientifiques. La polémique entourant le passage du Pharmachien à Tout le monde en parle en a été, pour moi, un exemple frappant. Je ne peux dire en quoi cela influencera l’alimentation ou la nutrition en 2017, mais j’ai peur que de nouvelles arnaques nutritionnelles deviennent populaires, sans que les nutritionnistes aient de pouvoir pour convaincre la population de leur inutilité. Je sens que les vulgarisateurs scientifiques (hello !) auront besoin de redoubler d’efforts pour informer le public des dangers potentiels des charlatans.


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