Chaque année, au mois de décembre, je regarde dans ma boule de cristal pour tenter de déterminer quelles seront les tendances alimentaires pour l’année à venir. Évidemment, les cinq tendances dont je vous parle aujourd’hui ne sont pas les seules que nous verrons en 2016. Les cinq tendances que j’avais proposées l’an dernier pourraient d’ailleurs encore s’y retrouver.

En alimentation, comme dans n’importe quel domaine d’ailleurs, il y a des tendances « de fond » qui peuvent être présentes pendant de nombreuses années. C’est le cas, par exemple, de l’intérêt des consommateurs pour la santé et l’environnement. Ce sont des tendances qui sont présentes depuis un certain temps, mais qui continuent à prendre de l’importance. Il ne faut pas oublier non plus que certaines tendances peuvent se voir davantage dans les restaurants, alors que d’autres sont plutôt au supermarché ou ailleurs où des aliments sont préparés, cuisinés ou vendus.

Bref, voici cinq tendances qui, selon moi, prendront probablement de l’importance l’an prochain.

Insectes

Préparez-vous mesdames et messieurs, les insectes débarqueront sans aucun doute dans vos assiettes très prochainement. D’un point de vue environnemental et de la santé, les insectes n’ont absolument rien à envier à la viande. Ils demandent des quantités infimes de nourriture et d’eau, dégagent peu de gaz à effet de serre, et sont hautement nutritifs.

Même si d’un point de vue rationnel, les insectes ont tout pour plaire, il y a encore la barrière du dégoût à franchir. C’est le travail des chefs cuisiniers et des compagnies agroalimentaires que de réussir à les apprêter de façon à ce que les consommateurs finissent par les accepter. René Redzepi, chef du Noma utilisait d’ailleurs les fourmis dans un de ses plats en début d’année.

Par contre, il y a fort à parier que c’est sous une forme plus transformée que les insectes apparaîtront ici. Que ce soit dans des barres protéinées pour sportifs, de la farine d’insectes ou même de la salsa !

Clean label

Avez-vous remarqué que les compagnies affichent de plus en plus d’étiquettes où on voit apparaître le terme « sans » ? Sans additifs, sans agents de conservation, sans colorants, etc… Dans une ère où les consommateurs ont de moins en moins confiance envers l’industrie, où ils se font recommander les aliments les moins transformés possible, et où des gourous de l’alimentation lancent des messages alarmistes sur les additifs, il n’est absolument pas surprenant que les compagnies décident de « nettoyer » leurs listes d’ingrédients.

Attendez-vous donc à voir une multiplication d’aliments qui contiennent de moins en moins d’ingrédients, particulièrement des additifs de synthèse. Ce n’est d’ailleurs pas une mauvaise chose du tout, mais il faudra certainement faire attention aux nouvelles stratégies qui émaneront de ces initiatives dans le but de vendre davantage d’aliments transformés aux allures « santé ».

Moins de viande

Que ce soit pour des raisons de santé, environnementales ou économiques, la consommation de viande est en baisse au pays. Parallèlement, les tendances du végétarisme et du végétalisme sont présentes et plus fortes que jamais. Il est de plus en plus normal d’intégrer des protéines végétales à son alimentation et les choix végétariens se sont multipliés dans les restaurants et supermarchés. Et pour ceux qui mangent encore de la viande, on se questionne de plus en plus sur sa provenance et sur la façon dont les animaux ont été traités.

L’année 2016 a d’ailleurs été nommée comme l’année des légumineuses par la FAO, ce qui risque d’aider cette tendance à se répandre davantage.

Microbiote

S’il y a bien un domaine de recherche en explosion présentement, c’est celui où on étudie les milliers de bactéries différentes qui peuplent notre tube digestif. Leurs rôles sur notre santé sont multiples et encore peu compris. Un des plus grands best-sellers scientifiques de l’année 2015 est quand même le livre « Le charme discret de l’intestin » qui aborde abondamment ce sujet. L’industrie risque de promouvoir une panoplie de produits alimentaires afin de prendre soin de nos amies microscopiques, probablement en misant sur le contenu en fibres ou sur les bactéries vivantes présentes dans les aliments fermentés. Les probiotiques et les prébiotiques sont déjà bien implantés sur le marché et il y a fort à parier que des tonnes de nouveaux ingrédients feront leur apparition dans ces catégories.

Cannabis

Bon, ok… Ce n’est peut-être pas dès le 1er janvier 2016 que le cannabis deviendra un ingrédient tendance, mais avec sa probable légalisation au Canada, ce n’est pas farfelu de croire que de nombreuses compagnies seront prêtes à exploiter ce nouveau filon dès que ce sera possible. Vous pensez que j’ai fumé avant d’écrire cette prédiction ? Pas du tout !

Sur Facebook, la page « The Stoner’s Cookbook » offre des recettes qui utilisent le cannabis comme ingrédient. Près de 5 millions de personnes suivent cette page dont les auteurs viennent de publier un livre de recettes sur le sujet. Ici, François Chartier offre, dans son nouveau livre « L’essentiel de Chartier » publié cet automne, des suggestions de mariage de saveurs avec le cannabis. De son côté, Rise Kombucha annonçait il y a 2 ans travailler au développement d’un kombucha aromatisé au cannabis. Bref, préparez-vous à voir apparaître cette saveur rapidement.